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14‏/09‏/2010

Obsèques de Claude Chabrol vendredi au Père-Lachaise


Un dernier hommage à Claude Chabrol sera rendu vendredi midi, peu de temps avant ses obsèques au Père-Lachaise.

Après Bruno Crémer, Bernard Giraudeau ou encore Alain Corneau, les figures majeures du septième art se retrouveront une nouvelle fois pour enterrer l’un des leurs : Claude Chabrol. Avant les obsèques qui se dérouleront à 14h30 au Père-Lachaise, sa famille, ses amis, ses acteurs fétiches et ses collaborateurs se retrouveront à la cinémathèque de Paris pour un dernier hommage.
Précurseur de la Nouvelle Vague avec François Truffaut, il laisse le monde du cinéma orphelin de l’un de ses meilleurs et plus prolifiques réalisateurs, s’attaquant toujours avec justesse à la bourgeoisie provinciale. Il est l’un des rares hommes de cinéma français à remplir des salles sur son nom seul.
D’Isabelle Huppert, l’une de ses actrices fétiches, à Nicolas Sarkozy, les hommages ont été unanimes. Seule fausse note, le témoignage d’Eva Joly qui n’a pas aimé son portrait dans L’ivresse du pouvoir. En voilà une qui n’aura pas son siège réservé vendredi prochain.
Claude Chabrol se délectait déjà de pouvoir mettre en boîte l’affaire Bettencourt, après s’être attaqué à l’affaire Elf, il n’en aura malheureusement pas eu le temps. Claude Chabrol est décédé dimanche à 80 ans.

M-A.K.

11‏/09‏/2010

Desiderata‏


Va, reste calme au milieu du bruit et de l'impatience et
souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Si tu le peux, mais sans renoncement, sois en bons termes
avec tout le monde; dis ce que tu penses, clairement,
simplement; et écoute les autres, même les sots et les
ignorants, car eux aussi ont quelque chose à dire.

Évite les gens grossiers et violents car ils ne sont que
tourments pour l'esprit. Si tu te compares aux autres tu
pourras devenir vaniteux ou amer; mais sache qu'ici-bas,
il y aura toujours quelqu'un de plus grand ou de plus petit
que toi.Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s'il est humble; c'est un bien précieux
en notre époque troublée. Sois prudent dans le monde des
affaires, car on pourrait te jouer de vilains tours. Mais
que ceci ne te rende pas aveugle; bien des gens luttent pour
un idéal et partout sur la terre on meurt pour ce que l'on
croit.

Sois toi-même, surtout dans tes affections. Fuis le cynisme
en amour car il est un signe de sécheresse du coeur et de
désenchantement.

Que l'âge t'apporte la sagesse et te donne la joie d'avoir
des jeunes autour de toi. Sois fort pour faire face aux
malheurs de la vie; mais ne te détruis pas avec ton
imagination; bien des peurs prennent naissance dans la
fatigue et la solitude. Et, malgré la discipline que tu
t'imposes, sois bon envers toi-même.

Tu es un enfant de l'univers, tout comme les arbres et les
étoiles et tu as le droit d'être ici; et même si cela n'est
pas clair en toi, tu dois être sûr que tout se passe dans
l'univers comme c'est écrit. Par conséquent, sois en paix
avec ton Dieu quelle que soit en toi son image, et à travers
ton travail et tes aspirations, au milieu de la confusion
de la vie, sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu'en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes,
de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.
Sois prudent. Et tâche d'être heureux.

(Traduction d'un texte gravé sur l'église Saint-Paul de
Baltimore.)


"Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres.
Ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés."
Confucius

04‏/07‏/2010

Laurent Terzieff est mort vendredi




COMMENTAIRE(S)

BRT

Les cimetières...

dimanche 04 juillet | 11:57

... sont emplis de gens inoubliables. Le problème, avec les gens de théâtre, c'est qu'il ne reste rien ou si peu de leurs performances.
On a oublié Raimu l'homme de théâtre et on se souvient de l'homme de cinéma.

lulu

Son chauffeur

dimanche 04 juillet | 10:34

En 1962, j'étais son chauffeur de production pour le film de J. C. Bonnardot "Ballade pour un voyou". Près de 5O ans plus tard, je n'ai rien oublié de son immense distinction, de sa gentillesse... et de sa frugalité car il ne se nourrissait, au déjeuner, que de quelques yaourts et d'une pomme que je mettais chaque matin dans la voiture. La France a perdu non seulement l'un de ses plus grands comédiens, mais l'un de ses plus grands hommes.

Brunax 13

Un regret

dimanche 04 juillet | 09:42

Grandeur et simplicité. Un regret pour mon épouse et moi, celui de ne pas avoir osé vous saluer lors d'une rencontre fortuite à Saint Véran. Vous étiez en train de remplir un thermos au bar d'une petite auberge. Vous nous avez vus, on vous avait reconnu, mais on a eu peur de troubler votre "incognito". Ce jour-là, nous sommes certainement passé à côté d'un échange à la fois d'une grande richesse et d'une grande simplicité. Deux qualités qui vous ressemblent tellement. Un regret pour nous. On vous salue avec un très grand respect.

maumusson17

Le discret !

samedi 03 juillet | 23:12

Il est sorti de cette vie avec la discrétion qui a accompagné sa vie d'homme et de génie du théâtre ! Il nous laisse d'inoubliables souvenirs ; "les Tricheurs", par ex. mais il ne s'est jamais "compromis ", en acceptant n'importe quoi ; il choisissait ses auteurs et les rôles qui lui plaisaient ; ce visage émacié était hors du commun et le rendait encore plus pathétique ! Au revoir, Laurent et merci !

Ella STICK

Comme le dit Evelyne...

samedi 03 juillet | 23:04

J'espère que les médias feront plus cas du décès de ce comédien incandescent que de pseudo humoristes dont le talent se situe à des années lumière de celui de feu Monsieur TERZIEFF ! Mes respects Monsieur... Puisse votre dernier voyage être à la hauteur de votre fabuleux talent !

hamilda

Carnet

samedi 03 juillet | 21:41

Merveilleux acteur, un profil d'ange, très grand monsieur, irremplaçable.

3M

Petite erreur

samedi 03 juillet | 21:34

TERZIEFF est le véritable nom de l'acteur Laurent Terzieff ; c'était celui de son père et il y tenait beaucoup. Tchemerzine est le nom de LUDMILA TCHERINA. Cette mise au point faite (par Laurent Terzieff lui - même lors d'un entretien avec un journaliste de L'Express), je m'associe à la peine de tous. Il est des jours où l'on se sent amputé de ce supplément d'âme qu'apportent la grâce et le génie d'un si grand serviteur des textes.

Ferula

Triste, très triste

samedi 03 juillet | 20:23

Je suis tellement bouleversée que la peine et la tristesse m'empêchent de m'exprimer. Il a juste été grand et admirable, et je l'ai aimé.

tandaba

Grand vide

samedi 03 juillet | 20:22

Présence époustouflante rien qu'en apparaissant. C'est à cela qu'on reconnaît les plus grands.

orlane

Ne plus être et être encore

samedi 03 juillet | 18:33

Je ne peux que m'incliner devant ce grand homme, ce grand esprit qui a malgré tout su rester simple. Il n'est plus, mais continuera d'être car il est de ceux que l'on n'oublie pas. Sincères condoléances à sa famille et à lui, qui fit tant pour interpeller ses semblables, paix à son âme où qu'il se trouve.


épique

Tragique

samedi 03 juillet | 18:22

Nous étions si près de lui que nous aurons froid près des autres.

charles 38

Autodidacte

samedi 03 juillet | 18:15

Autodidacte oui, comme quoi quand on ne coupe pas les ailes aux jeunes, ils peuvent devenir de grands hommes tels que lui et aussi d'autres. Sincères condoléances, un conscrit

mamiedy

Tristesse

samedi 03 juillet | 18:06

Encore un grand artiste qui part. Qui ne se souvient de son personnage dans les "Tricheurs" ? J'ai eu la chance de le voir en tant que récitant lors d'un spectacle sur un Américain à Paris en 1998 où il interprétait Gerschwin accompagné par la musique de l'orchestre de Paris dirigé par Lorin Mazel. Sa voix grave restera gravée. Adieu Monsieur Terzieff

magalideclermont

Laurent Terzieff

samedi 03 juillet | 18:02

Un homme magnifique : une âme, du talent, la dignité, la rigueur, la discrétion, le travail. Un exemple pour beaucoup d'entre nous et pour notre soi-disant élite !

lilide

Un grand homme est parti...

samedi 03 juillet | 17:51

Quel dommage moi qui l"aimais tant... mais qui pourrait oublier ce grand "homme" ? personne ! il restera dans nos coeurs... et pour l'éternité il restera immortel... au revoir LAURENT...

mamé récalcitrante

Tibetan survey

samedi 03 juillet | 17:43

Terzieff ne mourra pas si nous conservons en nous ses mots, son ardeur à défendre les textes et les idées.
Il est parti rejoindre Pascale, ils continueront ensemble à en inspirer d'autres.

jean claude Fayolle

Terzieff

samedi 03 juillet | 17:34

A ce très grand homme de théâtre, merci pour tout le bonheur qu'il nous a donné.

Mutzy

Adieu, Laurent !

samedi 03 juillet | 17:14

Je me souviendrai toujours de ton joli sourire, de ses petites fossettes, de ton charme inégalable ! Tu jouais dans "Les Tricheurs", et cela me rajeunit ! Et quel talent ! Tu nous auras donné beaucoup de plaisir ! Merci Laurent !

ANDREANNE

Tristesse

samedi 03 juillet | 16:59

J'éprouve un sentiment de tristesse profonde. Ce grand acteur auquel je portais une admiration profonde pour son talent, sa diction, sa réserve... Il était le plus grand, il ne le montrait pas. Et bien sûr il ne vivait que pour l'art, le plaisir de servir un auteur et le public. ADIEU M TERZIEFF, avec vous la France perd un immense talent

lucmentin

Au revoir

samedi 03 juillet | 16:16

Monsieur.
Je vous avais mis sur mes tablettes pour vous voir.
Mais comme vous jouerez certainement où vous êtes : à plus...

mary

Adieu...

samedi 03 juillet | 16:08

Un grand comédien a rejoint les étoiles du cinéma dans ce ciel du 7e art...
Il nous laissera de magnifiques souvenirs d'un homme simple, et si talentueux...

Ras l' bol

Amusant...

samedi 03 juillet | 15:44

Il y a quelques jours à peine, il évoquait avec élégance et détachement l'extrême brièveté du temps qui lui restait...

Roxy

Adieu à un artiste d'exception

samedi 03 juillet | 15:43

Combien de femmes de ma génération doivent être tristes aujourd'hui. Adolescentes, nous étions toutes amoureuses du beau Laurent aux yeux verts, tout en comprenant que s'il faisait un jour la une des magazines, ce serait pour son immense talent. Un comédien de cette dimension ne se complaît que dans la lumières de la scène et pas celles de la célébrité.
"Acteur incandescent" peut - on lire dans votre article : c'est bien de cela qu'il s'agissait, Laurent Terzieff est en tous cas un acteur et un homme inoubliables.

eva

Chapeau bas !

samedi 03 juillet | 15:20

Respect pour cet artiste talentueux, si intelligent mais si simple et respectueux ! Le génie et la discrétion, il avait tout ! Nous vous garderons dans notre coeur !

aitaiouidia

Décès de Tarzief

samedi 03 juillet | 15:12

Je n'ai même pas su qu'il était malade. C'est un cancer qui l'a emporté, selon la tradition dite pour les artistes !

gible

Terzieff

samedi 03 juillet | 15:12

Je ne le connaissais que peu par quelques films et non par le théâtre. On pourrait le comparer à un certain Gérard Philippe.

evelyne

En parlera-t-on ?

samedi 03 juillet | 15:08

Guillon et portes font la une des médias ! Et lui ce grand acteur qui va nous en parler ? Est-ce qu'il y aura une retransmission d'une des nombreuses pièces qu'il joua ? Non, ce n'est pas people !

Nicole

Sincères condoléances

samedi 03 juillet | 14:54

Pour la famille de Monsieur Terzieff pour qui je n'ai qu'un mot : unique.

aitaiouidia

Décès de Laurent Tarzief

samedi 03 juillet | 14:48

Je suis désolé d'apprendre la disparition de ce grand homme maigre. Je ne le connaissais pas, je viens d'apprendre ce que qu'il faisait mais personne ne m'a dit qu'il avait été malade. Comme quoi, ne ne sait pas tout. J'attends avec impatience le match Allemagne/Argentine à 16 heures car là, je suis au parfum.

Thierry A

O tristesse

samedi 03 juillet | 14:44

C'est un grand Monsieur du Théâtre qui vient de nous quitter...
Je n'ai vu que l'habilleur et philoctète mais cela m'a suffit a apprécier son talent ! Merci monsieur Terzieff...

librepenseuse

Résistance

samedi 03 juillet | 14:41

On meurt moins gravement si l'on laisse derrrière soi un sillage entrainant les survivants dans la même recherche convaincue des éternelles valeurs de l'esprit humain. Résistons à la suite de Laurent Terzieff à la " mauvaise langue " et aux fausses idoles, gloire, avidité, ignorance et mépris. Merci pour cet héritage d'art intelligent et civilisé à faire fructifier.

maxtophe

Un Grand.

samedi 03 juillet | 14:34

Je dois à M. Terzieff ma plus belle émotion de spectateur de théâtre. Molly en 2005, au théâtre de la gaieté montparnasse. Sublime ! Monsieur Terzieff vous devenez une légende.

alainalbert

Nostalgie

samedi 03 juillet | 14:24

Une pensée pour ce grand acteur et pour tous ceux qui furent la gloire des magnifiques heures de la culture française (Vilar, Barrault, G. Philippe). France du bling-bling, de la vulgarité et de l'argent roi, où vas-tu ?

Raimo

Condoléances

samedi 03 juillet | 14:14

Une âme fine jouant avec tant de vérité . Toujours discret.
Un grand homme en somme.

enfaitpourquoi

Profonde tristesse

samedi 03 juillet | 14:13

Je le connais depuis ma jeunesse... Il exerçait une telle fascination avec sa voix grave, son élocution travaillée à la perfection, sa silhouette efflanquée, son visage taillé à la serpe, et son jeu de comédien si maîtrisé, épuré ... Un exemple d'exigence et de pureté artistique... Pour le privé, sans doute, mais d'après le peu d'écho que j'en ai, un homme discret et modeste, comme le sont certaines gens qui ne vivent que pour leur passion.

childeric

une beauté

samedi 03 juillet | 14:02

qui restera.

marie.india

si contente...

samedi 03 juillet | 13:56

... aux Molière que l'on récompense un tel acteur, un vrai acteur... dommage...

tbouboui

Adieu...

samedi 03 juillet | 13:55

Beau ténébreux ! Dont je fus tellement amoureuse !

ORANGE

Comme

samedi 03 juillet | 13:55

Je suis triste... D'où vous serez, merci de continuer à nous tirer par le Haut.

lola

Profondément touchée et triste

samedi 03 juillet | 12:54

Par la disparition de L. Terzieff que j'admirais beaucoup pour son talent et sa personnalité : original, vrai, discret et élégant dans tous les sens du terme !

AML

La mort d'un ange

samedi 03 juillet | 12:27

Un grand artiste nous a quittés... Et sa voix profonde et chaleureuse nous manque déjà... Son regard ne nous quittera jamais. Et nous adressons à sa famille nos condoléances les plus attristées.

Illitch

Un grand homme

samedi 03 juillet | 12:15

Un Comédien, un vrai, loin des modes, sensible, talentueux. Un aristocrate du théâtre. Un grand homme.

isatis

grand acteur

samedi 03 juillet | 11:59

Ce monsieur discret et flamboyant restera dans nos mémoires . Que dire de plus ? Le théâtre a perdu l'un de ses meilleurs serviteurs . Loin des modes et des people , Laurent Terzieff savait émouvoir comme personne et camper des personnages formidables . Inouï sur scène , il savait recevoir dans sa loge avec la simplicité qui sied aux plus grands . Bon voyage dans l'au delà qui pour lui sera sans doute semé d'étoiles . Quelle tristesse tout de même !

MIMI07

Un grand très classe, très discret

samedi 03 juillet | 11:52

très tout ! Un modèle .

Cargo

Tristesse

samedi 03 juillet | 11:12

Pas d'autre mot...

yves

Tristesse, grande tristesse

samedi 03 juillet | 11:07

Les êtres comme lui, qui volent au dessus de nous, ne devraient jamais mourir.



""Pour le peu d'avenir que me réserve mon futur, ce Molière est un merveilleux encouragement", avait déclaré Laurent Terzieff en recevant sa récompense, fin avril, à l'âge de 74 ans. Grande figure du théâtre, l'acteur et metteur en scène Laurent Terzieff est décédé vendredi soir à l'âge de 75 ans à l'hôpital de la Salpêtrière, "de complications pulmonaires" après avoir été "souffrant pendant plusieurs semaines", a annoncé samedi à l'AFP son agent. Les détails de ses obsèques n'étaient pas encore fixés, a précisé ce dernier.

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a rendu hommage à un "artiste passionné, exigeant, travailleur infatigable et inspiré" qui laissera une "empreinte inoubliable" au théâtre comme au cinéma. "Laurent Terzieff a été une grande lumière qui a traversé le théâtre. C'était un frère, un pèlerin du théâtre. Il a cultivé comme personne le théâtre de fraternité", a déclaré à l'AFP l'acteur Fabrice Luchini, qui jouait à ses côtés et sous sa direction, dans la pièce "Molly" de Brian Friel en 2005 au théâtre de la Gaîté-Montparnasse. "Il aurait pu être une star. Il a préféré la découverte d'auteurs", a-t-il estimé. "Il était complètement désintéressé, loin des prix et des hochets. Laurent Terzieff était un exemple et un immense talent", a renchéri Robert Hossein. "Le théâtre perd une personnalité extrêmement estimable", a-t-il dit à l'AFP.

Un autodidacte du théâtre

Véritable légende du théâtre français, cet acteur incandescent au visage émacié avait été sacré meilleur comédien en avril aux Molières pour deux rôles différents dans les deux familles du théâtre, L'Habilleur, qui lui a valu aussi le Molière du théâtre privé et Philoctète, dans le secteur subventionné. "J'ai toujours oeuvré pour une mixité entre un certain théâtre privé et l'aide publique dont je dispose", avait-il rappelé en recevant sa récompense. Indépendant, exigeant et discret, cet autodidacte du théâtre avait révélé des auteurs tels que Andreiev, Mrozek, Milosz et les anglo-saxons James Saunders, Murray Schisgal, Edward Albee.

Né le 27 juin 1935 à Toulouse (Haute-Garonne) d'une mère céramiste et d'un père sculpteur d'origine russe, Laurent Terzieff, de son vrai nom Laurent Tchemerzine, avait décidé de se consacrer au théâtre après avoir vu, adolescent, La Sonate des spectres de Strindberg mise en scène par Roger Blin, dont il sera le fils spirituel. Il avait appris le métier "sur le tas" comme machiniste, souffleur, figurant, doublure, avant de débuter en 1952, grâce à Jean-Marie Serreau, autre mentor, dans Tous contre tous d'Adamov.

Le théâtre comme sacerdoce

Baptisé en 1958 "la nouvelle gueule d'ange du cinéma français" après le film Les tricheurs de Marcel Carné, il sera dirigé par les plus grands, Luis Bunuel dans La voie lactée (1969), Henri-Georges Clouzot dans La prisonnière (1968) ou encore Pasolini dans Médée (1969) sans faire véritablement carrière au grand écran. En 2008, il campait un vieux gangster usé au côté de Jean-Pierre Kalfon et Jean Rochefort dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit.

Laurent Terzieff avait choisi le théâtre comme un sacerdoce. En 1961, il avait fondé la compagnie qui porte son nom, et qui sera hébergée dans les petits théâtres privés : Lutèce, La Bruyère, Lucernaire. Acteur au jeu hors mode et d'une très grande sensibilité, il avait notamment triomphé dans Tête d'Or chez Barrault et reçu de nombreuses récompenses : prix Gérard Philipe en 1964, grand prix national du théâtre en 1984, et plusieurs Molières, pour deux pièces qui ont été de vifs succès publics : Ce que voit Fox (1988) et Temps contre Temps (1993). En 2002, Laurent Terzieff avait perdu sa compagne et partenaire de théâtre, Pascale de Boysson. Quelques mois plus tard, il était remonté seul en scène pour Florilège, un spectacle poétique."

02‏/04‏/2010

Chaos Calme-


"Le résumé

Pietro Paladini est immobile. Dans l’oeil du cyclone. Il ne sort plus de sa voiture, garée au bas de l’école de sa fille, à Milan. Ce quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa femme, Lara. Il attend de souffrir, mais ce n’est pas si facile de ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler, l’étreindre, partager ce temps suspendu, ce « chaos calme» où il se réfugie désormais. Les collègues de travail à la veille d’une fusion financière sans précédent, un frère fumeur d’opium, une belle-sœur qui se dénude en pleine crise de nerfs, tous à un moment laissent tomber leurs masques. Tous renoncent à la comédie sociale. Sur cette situation digne de Beckett, Sandro Veronesi construit un roman émouvant, ample, magistralement tissé : le mélange de l’intime dans ce qu’il a de plus vibrant et du réel dans ce qu’il a de plus dérangeant.
"
(Publié le 29/03/2010 à 11:57 Le Point.fr)

05‏/03‏/2010

Chili: forte réplique de magnitude 6,2 AFP 05/03/2010


Une forte réplique sismique a réveillé ce matin les habitants de Concepcion (sud du Chili), une des villes les plus durement frappées par le séisme et le tsunami qui ont tué plus de 800 personnes. La réplique de magnitude 6,2 survenue à 06h20 (09h20 GMT) n'a pas provoqué de "malheurs personnels ni dégâts matériels", selon le Bureau national des Urgences (Onemi).

Les habitants de la deuxième agglomération du pays ont ouvert les portes de leur maison et sont sortis sur le seuil, pris de panique, six jours après le tremblement de terre de magnitude 8,8 qui a secoué le Chili samedi dernier. L'électricité a été coupée dans certains quartiers de la ville, située à plus de 400 km de la capitale Santiago.
"Il faut accélérer la démolition des bâtiments" endommagés par le séisme, a déclaré le maire de Concepcion, Jacqueline van Ryselbergue. Cinq décrets ont déjà étaient signés en ce sens.

Concepcion est sous couvre-feu chaque nuit jusqu'à midi, pour éviter des pillages comme il s'en est produit des jours derniers en raison des pénuries alimentaires.

01‏/03‏/2010

نقل عادل صيام ـ رأي الخارجية المصرية




المتحدث باسم الخارجية:
ضم الحرم الإبراهيمي للتراث الإسرائيلي
يشكك في جدية السعي لتحقيق السلام
أبلغت مصر الحكومة الإسرائيلية قلقها العميق إزاء المواجهات والتصعيد الحالي علي إثر القرار الإسرائيلي "غير الشرعي" بضم موقعي الحرم الإبراهيمي ومسجد بلال إلي قائمة التراث الوطني الإسرائيلي.
قال المتحدث الرسمي باسم وزارة الخارجية إنه أبلغ القائم بالأعمال الإسرائيلي أن مصر تطلب من إسرائيل نزع فتيل موجة التوتر الجديدة التي بدأت بسبب القرار الإسرائيلي.
أوضح أن هذا القرار الإسرائيلي يلقي بظل من الشك حول مدي جدية النوايا الإسرائيلية في المضي قدماً نحو استئناف العمل السياسي وتحقيق السلام في المنطقة.
أضاف أنه تم إبلاغ الجانب الإسرائيلي أن مصر تنظر بقلق بالغ إلي امتداد المواجهات إلي القدس وبالذات في ضوء ممارسات قوات الاحتلال في محيط ساحة الحرم وداخلها وأنه طلب الامتناع الفوري عن مثل هذه الممارسات.

28‏/02‏/2010

Doumia : la fin d'un calvaire



Un chiot récupéré au domicile de son maître par une association de Bouguenais (44), gisait dans son urine, souffrait de multiples fractures, de brûlures de cigarette et d'un oedème au cou. La Fondation se porte partie civile à l'encontre du propriétaire pour "actes de maltraitance et barbarie sur animal" et prend à sa charge la totalité des frais vétérinaires.

C'est par téléphone que les enquêtrices de l'association "Des Animaux et des Hommes" basée en Loire Atlantique ont été informées. Le coup de fil anonyme fait état d'une petite chienne hurlant de douleur sous les coups de son maître. Il n'en fallait pas davantage pour que Corinne, salariée du refuge, ne fasse une incursion chez le propriétaire à l'improviste.

Sur place, un jeune homme ouvre. "Mon chien ? Mais il va très bien mon chien !" rétorque l'individu. L'homme semble pressé, prétexte un rendez-vous, mais finit par laisser entrer Corinne. La chienne est un peu plus loin, prostrée sur un tapis imbibée d'urine. Elle se soulève à peine sur ses antérieurs.

Corinne s'approche pour caresser l'animal. Elle sent sous sa main des plaies, des bosses. Le long des flancs, la chair est à nu. Le chiot de 7 mois ne fait que 12 kilos (le poids d'un chiot de 4 mois, NDLR). Convaincu par Corinne, le jeune homme signe sans un mot l'acte d'abandon de l'animal et la jeune femme repart avec la chienne dans ses bras. Direction la clinique de l'Arche, habituée à soigner les animaux du refuge de Bouguenais (44) "Des Animaux et des Hommes". Les radios de l'animal sont accablantes : "Fracture de la mandibule gauche, du bassin, de la patte avant gauche ; traces de brûlures sur le corps ; oedème très important au niveau du cou ; hématomes internes multiples ; déformation crânienne avec recul de la boîte crânienne !"

Face à l'ampleur des soins que Doumia (c'est le nom donné par les bénévoles du refuge à la petite chienne, NDLR), la Fondation 30 Millions d'Amis a proposé de prendre l'ensemble des frais vétérinaires à sa charge.

Une dizaine de jours après son sauvetage, tout va mieux pour Doumia. "C'est impressionnant de voir la vitesse à laquelle elle se rétablit", confie Dominique Bacot, la présidente du refuge. "Elle garde une incroyable confiance dans le genre humain. Elle est toujours gaie, remue de la queue, cherche des caresses."

Le refuge "Des Animaux et des Hommes" a porté plainte contre le propriétaire. La Fondation 30 Millions d'Amis s'est constituée partie civile à ses côtés et demandé à son avocat, Maître Xavier Bacquet, de se mettre à disposition du refuge afin de plaider l'intégralité du dossier. Le jeune homme - déjà connu des services de police - risque jusqu'à 2 ans d'emprisonnement, 30 000 euros d'amende, et une interdiction à vie de détenir un animal. Son jugement doit avoir lieu au tribunal de Nantes (44), le 28 juin 2010.

Source : Fondation 30 Millions d'amis

29‏/01‏/2009

LE PETIT ÂNE GRIS



Le Petit Âne Gris (Chanson de Hugues Auffray)
Écoutez cette histoire,
Que l'on m'a racontée
Du fond de ma mémoire
Je vais vous la chanter.
Elle se passe en Provence
Au milieu des moutons
Dans le Sud de la France
Au pays des santons.
Quand il vint au domaine
Y avait un beau troupeau
Les étables étaient pleines
De brebis et d'agneaux
Marchant toujours en tête
Aux premières lueurs
Pour tirer sa charrette
Il mettait tout son cœur.
Au temps des transhumances
Il s'en allait heureux
Remontant la Durance
Honnête et courageux
Mais un jour de Marseille
Des messieurs sont venus
La ferme était bien vieille
Alors on l'a vendue.

Il resta au village
Tout le monde l'aimait bien
Vaillant malgré son âge
Et malgré son chagrin
Image d'Évangile
Vivant d'humilité
Il se rendait utile
Auprès du cantonnier.
Cette vie honorable
Un soir s'est terminée
Dans le fond d'une étable
Tout seul il s'est couché
Pauvre bête de somme
Il a fermé les yeux
Abandonné des hommes
Il est mort sans adieu.
Cette chanson sans gloire
Vous racontait la vie
Vous racontait l'histoire
D'un petit âne gris.

28‏/01‏/2009

COMTE DE LAUTRÉAMONT - 1846-1870




LE DESTIN D'ISIDORE DUCASSE

Isidore Ducasse est né de parents français, en 1846, à Montevideo.
Il fait des études secondaires en France, au collège de Tarbes et au lycée de Pau, où il est interne; puis il se rend à Paris pour préparer l'École Polytechnique.
Sous le pseudonyme « comte de Lautréamont », il publie, en 1869, une oeuvre en prose poétique, les Chants de Maldoror, qui passa totalement inaperçue; puis, sous le titre paradoxal Poésies, deux fragments de préface pour « un livre futur » qui n'a jamais été écrit.
Il meurt phtisique en 1870.
Son oeuvre fut exaltée après 1920 par les surréalistes; elle apparaît aujourd'hui comme une expression particulièrement intense du désespoir et de la frénésie romantiques.
LE DÉSESPOIR DE MALDOROR
Au début des Chants, Maldoror, le héros, est représenté en général sous une forme humaine; il incarne les misères et les angoisses de son créateur.
Il va « pâle et voûté »; il a le sang appauvri, la bouche amaigrie; son visage est « maquillé par les rides précoces»; et la nature «fait luire ses yeux avec la flamme aigre de la fièvre».
Doué d'une faculté de discernement peu commune, il souffre de sa lucidité même, qui a détruit ses illusions.
En même temps se sont révélées à lui les formes multiples de la souffrance imposée à l'humanité et des calamités qui la persécutent, guerres, incendies, naufrages ou maladies.
Torturé par son ignorance tragique, découragé par son expérience amère de la douleur et du vice, il s'abandonne au désespoir, qui l' « enivre comme le vin » et comme un héros byronien, mais avec plus de violence encore, il se révolte contre Dieu.
LA FRÉNÉSIE DE MALDOROR
Dés lors, Maldoror devient un symbole infernal.
Il cesse d'incarner le drame d'un homme et ressemble au Minotaure ou à la Bête de l'Apocalypse.
Cavalier fantôme, il hante, comme le Mal, toute la surface de la terre. Comme le Mal encore, il revêt les formes les plus imprévues : un décret de sa volonté lui permet d'immédiates métamorphoses; il devient poulpe ou aigle, grillon d'égout ou cygne noir.
Sa fureur vengeresse se manifeste par des actions forcenées ou par des imprécations d'une inimaginable violence.
L'œuvre est d'ailleurs étrangement diverse : les strophes lyriques alternent avec les épisodes fantastiques, les périodes oratoires avec les images fulgurantes; mais le héros maudit est présent à toutes les pages pour illustrer la terrible déclaration du premier chant:
"Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté."
(Source: "Castex et Surer, le XIX° siècle")

La légende de Merlin l'Enchanteur



La légende de Merlin l'Enchanteur

Recueillies par un abbé, deux orphelines se destinaient à une vie pieuse. Jaloux de leur vertu, Lucifer parvint à dévoyer la plus faible. Les déboires de la cadette jetèrent sa sœur dans un si profond désarroi qu'elle en oublia un soir de se signer. Le diable en abusa.
Naquit bientôt un enfant, grand et velu, ayant du Malin le don de la parole.
Il fut baptisé et échappa ainsi au Diable. On lui donna le nom de son aïeul, de par sa mère : MERLIN.
Devin et magicien, Merlin rencontra la Fée Viviane et en tomba follement épris. Il lui confia ses derniers secrets pour retenir un homme à jamais.
Là, la fée Viviane entreprit de tracer par neuf fois des cercles magiques autour de l'Enchanteur endormi, puis de l'enfermer pour l'éternité. Merlin ne sortit jamais de cette prison… au grand regret de Viviane qui ne croyait pas que la chose pût être vraie.
Le conte dit que les nuits de grands vents, la plainte de Merlin vient à retentir au plus profond du Val sans Retour…
Illustration de Audrey Beardsley

07‏/10‏/2008

UNESCO : UN EGYPTIEN ET UN PORTUGAIS LAURÉATS DU PRIX SHARJAH POUR LA CULTURE ARABE 2008

Le Prix Sharjah 2008 pour la culture arabe a été attribué par le directeur général de l';Organisation des Nations Unies pour l';éducation, la science et la culture
Koïchiro Matsuura, au professeur égyptien Gaber Asfour et à l';écrivain portugais Adalberto Alves, suite aux recommandations du jury international qui a examiné 33 candidatures présentées par 20 Etats membres de l';UNESCO.
Le prix sera remis aux lauréats au cours d';une cérémonie qui se tiendra au siège de l';UNESCO à Paris le 17 novembre, précisé l';organisation un communiqué publié mardi.

Le docteur Gaber Asfour, professeur au sein de plusieurs universités du monde arabe, en Europe et aux Etats-Unis, a été président du Conseil supérieur de la culture en Egypte. Actuellement responsable de la Fondation nationale de la traduction, au Caire, il joue un rôle important pour le rayonnement de la culture arabe. Son œuvre en tant que critique littéraire, fort originale, est mondialement reconnue. Grand défenseur du dialogue interculturel, il a su promouvoir des valeurs comme la promotion de la femme, le respect de l';autre, la diversité créatrice et la tolérance.

L';écrivain, poète et orientaliste portugais Adalberto Alves --; de son vrai nom José Adalberto Coelho Alves --; préside actuellement le Centro de Estudos Luso-Arabes de Silves. Son oeuvre a inspiré de nombreux auteurs espagnols et portugais et il a contribué grandement à la divulgation de l';histoire et de la culture arabes durant la période du Portugal islamique (Gharb al-Andalus). Il travaille actuellement à un dictionnaire des mots portugais d';origine arabe. Il a été président de la Commission d';installation de la Fundação da Memória Arabe, vice-président de l';Instituto Luso-Arabe-Português para a Cooperação et membre du Conseil d';administration de la Fundação Portuguesa da Herança Arabe-Islâmica.

Le Prix Sharjah --; doté de 30 000 dollars pour chaque lauréat grâce à des fonds offerts par le gouvernement de l';Émirat de Sharjah - a été proposé par le Sheikh Sultan Bin Mohamed Al-Qassimi et approuvé par le conseil exécutif de l';UNESCO en 1998. Il vise à distinguer des personnalités, groupes ou institutions ayant contribué de manière significative au développement, à la diffusion et à la promotion de la culture arabe dans le monde, ainsi qu';à la préservation et à la revitalisation du patrimoine culturel immatériel arabe.

En 2001, date de sa première édition, le Prix avait été décerné au poète et universitaire Abdulaziz El Makaleh (Yémen) et au Professeur Abdul Rhaman Na Zhong (République populaire de Chine). En 2003, il a récompensé les professeurs Bin Salem Himmich (Maroc) et Esad Durakovic (Bosnie-Herzégovine). En 2004, il a été attribué aux professeurs Abdelwahab Bouhdiba (Tunisie) et Juan Vernet Ginés (Espagne). L';écrivain Tahar Ouettar (Algérie) et le Père Michel Lagarde (Saint-Siège) ont été les deux lauréats 2005, Jamal Al-Shalabi (Jordanie) et Yordan Peev (Bulgarie) les lauréats 2006, Aladine Lolah (Syrie) et Shas Abdus Salam (Inde) ceux de 2007.
2008-10-07 00:00:00.000

NOBEL DE MEDECINE

Découverte du VIH : la fin d’une polémique?


Avec le prix Nobel de médecine 2008, Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi se voient officiellement consacrés découvreurs du virus du sida. Qu’en est-il de ceux qui ont aussi prétendu à ce titre au cours des dernières décennies ?

En honorant deux chercheurs français, les «pasteuriens» Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, le prix Nobel de médecine 2008 semble attribuer officiellement, et une fois pour toutes, l’appellation «co-découvreurs» du virus du sida. Pourtant, pendant de longues années, l’Américain Robert Gallo a lui aussi été honoré de ce titre. La bataille faisait alors rage entre Français et Américains pour savoir qui avait isolé en premier le désormais fameux VIH et qui pouvait toucher les royalties des brevets. En France même, d’autres noms ont été associés aux travaux menés au début des années 80 à l’Institut Pasteur de Paris, notamment celui de Jean-Claude Chermann, aujourd’hui oublié du grand public, voire de ses pairs.

Dix ans de lutte
La polémique franco-américaine sur la découverte du virus du sida est officiellement close depuis 1994. En acceptant un nouvel accord sur le partage des royalties liées au test de dépistage du sida, les autorités américaines reconnaissent alors de fait que l’équipe française a été la première à isoler le VIH en 1983.

Rappelons le contexte : en 1981 une nouvelle maladie frappe les homosexuels aux Etats-Unis. La course pour identifier l’agent responsable de ce syndrome d’immunodéficience est lancée. Les malades, dont le système immunitaire est à plat, souffrent de nombreuses maladies. Trouver la cause s’annonce difficile. A Paris, Luc Montagnier et son équipe pense à un agent de la famille des rétrovirus, virus à ARN capables de modifier le code génétique (l’ADN) de la cellule infectée. Au début des années 80, l’Américain Robert Gallo est le ‘’pape’’ des rétrovirus. Il a découvert les deux premiers rétrovirus humains (HTLV), qui provoquent des leucémies.

En janvier 1983, le Pr Willy Rozenbaum réalise une biopsie sur les ganglions d’un jeune homme venu en consultation à la Salpétrière. C’est à partir de ce prélèvement que Luc Montagnier, Françoise Barré-Sinoussi, Jean-Luc Chermann et leurs collègues de Pasteur isolent en 1983 un nouveau rétrovirus. Au cours de l’année 1983, ils échangent des informations avec l’équipe de Gallo, qui travaille aux NIH (National Institute of Health) à Bethesda (Maryland). L’enjeu est d’établir que le rétrovirus isolé à Paris –baptisé LAV- n’est pas le HTLV de Gallo. En septembre 83 les Français envoient un échantillon du LAV dans le Maryland. Tout indique que le LAV est radicalement différent.

Surprise : en avril 1984 les Etats-Unis annoncent la découverte du virus du sida. S’engage alors une bataille juridique pour la détention du brevet sur les tests de dépistage du nouveau rétrovirus. La manne financière en jeu est colossale. En 1987 un accord est signé par Ronald Reagan et Jacques Chirac : il établit la co-découverte du VIH par les deux équipes et organise une répartition équitable des gains. Accord que Pasteur a plusieurs fois dénoncé. De fait, aux Etats-Unis, des enquêtes mettent en cause l’honnêteté de Robert Gallo. Le virus découvert par l’équipe de Bethesda serait en fait le LAV donné par les Français. Le nouvel accord signé en 1994 tranche en faveur des Français.

Boxer sans gants
Il semble donc peu probable que Robert Gallo conteste aujourd’hui l’attribution du Nobel de médecine 2008. Cependant un autre homme pourrait y trouver un goût amer. Jean-Claude Chermann, qui apparaît en 1984 aux côtés de Barré-Sinoussi et de Montagnier, n’est pas associé à la récompense. Il travaille toujours sur le virus du sida au sein d’une société de biotechnologie (URRMA R&D), après avoir été en poste au CNRS et à l’Inserm.

Comparé à ses deux anciens collègues, Chermann apparaît aujourd’hui comme un chercheur isolé. Dans les années 90, ses déclarations jugées «irresponsables» sur sa capacité à mettre au point très vite un vaccin contre le sida l’ont marginalisé. L’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) lui a refusé à plusieurs reprises des crédits. « Il est passionné, impulsif, confiait Françoise Barré-Sinoussi au Monde Diplomatique en 1998. Son tort, c’est de vouloir trop vite partager son enthousiasme avec d’autres et aussi de boxer sans gants ! ».

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com
06/10/08

10‏/08‏/2008

Malédiction - Nouvelle de Mahmoud Darwich

Ecrire en Palestine

Malédiction

Nouvelle


Un silence lugubre - mélange de stupeur et d’accablement - pesait sur l’assemblée, quand dans le voisinage un mouton entama un long bêlement paresseux, pareil à un bâillement. Quelque chose faisait que son bêlement s’élevait et s’amplifiait, sans pour autant changer de ton. Son cri était plus fort que le son de nos voix et il avait le choix de bêler ou de s’arrêter de bêler, tandis que nous, nous ne savions pas quoi dire, et pour peu que nous trouvions quelque chose, nous avions immédiatement des doutes sur la valeur et la signification de nos propos, de sorte que nous ne disions rien, ou qu’ayant commencé à parler, nous renoncions à aller jusqu’au bout.

C’était un rescapé, un des rares moutons du coin à ne pas avoir été égorgé au matin de la fête du sacrifice, jour de notre réunion. Emporté par les vagabondages de mon imagination, je me pris à penser que cet animal domestiqué et servile était peut-être simplement en train de protester parce que, contrairement aux autres moutons, il était resté en vie. Quelque instinct l’aiguillonnait - l’instinct du sacrifice, qui sait ? - et le faisait sortir de ses gonds. Gras et replet, le mouton trahissait l’aisance de ses propriétaires. Il devait par ailleurs être assez âgé : on devinait à son embonpoint, ses oreilles tombantes et son regard éteint que ses sabots avaient longtemps foulé l’herbe des pâturages et qu’il avait déjà nourri des hommes grâce à la chair de ses petits et au lait de celle qui leur donnait la mamelle. Quant à nous, à peine nous avisions-nous d’ouvrir une brèche dans le silence - de fer - qui régnait qu’un bêlement prolongé venait couvrir nos quelques mots, nos bribes de commentaires, si bien que non seulement nos propos perdaient tout sens et toute raison d’être, mais qu’en plus on ne les entendait pas.

N’y a-t-il donc personne pour l’éloigner de là ? s’étrangle la voix rauque du vieil homme. On dirait qu’il parle tout seul, comme si des souvenirs lui revenaient en mémoire ou qu’il rêvait les yeux ouverts. Puis il bredouille des mots empreints de douleurs, de regret et de résignation. Personne dans l’assistance - et il y a là de jeunes gens qui d’habitude se lèvent pour servir les vieux de la famille - , personne n’a pris ses propos à la lettre. Il parle comme ça, et puis c’est un jour de fête (en effet), il est normal qu’il y ait un mouton dans les parages… et il est normal qu’il bêle comme bon lui semble puisqu’il n’a pas encore été égorgé. L’homme n’en veut certainement pas à ses fils et aux fils de ses proches d’avoir la tête ailleurs. Ils sont comme lui sous le choc, désemparés. Ils montent, descendent, entrent pour ressortir, s’arrêtent puis repartent sans but, sauf peut-être celui de briser l’angoisse qui les oppresse. Chacun s’adresse à son frère absent et navigue sur son nuage fraternel.

N’y a-t-il personne pour le faire sortir dans la cour ? s’interroge l’homme en détournant la tête, son long bras pointé en direction du mouton. Il y a dans son geste du mépris pour cette créature indésirable dont on n’a plus besoin, qui a perdu sa fonction. Nous comprenions que c’était la pensée de ce terrible malheur, plus que la présence et le cri de l’animal, qui l’exaspérait. Même si cela nous empêchait de satisfaire à son désir, il eût été indécent que nous nous dérobions à notre devoir, qui était de consoler et de soulager le vieil homme. Rester auprès de lui, l’entourer de prévenances, voilà ce que nous avions de mieux à faire dans un moment comme celui-là - l’homme en était sans doute conscient. Depuis le début, quand nous avions accouru chez lui, cela ne ressemblait pas à une cérémonie de condoléances ordinaire, avec ses effusions pathétiques et ses paroles de réconfort. Un problème insidieux et cruel était survenu à un moment inopportun, le matin de la fête, à l’aube plus précisément, avant même que la famille n’entame les réjouissances. Ils l’attendaient, cette fête… Tout était prêt, le mouton était là, bien gras, respirant la « bénédiction ». Or voilà qu’il était toujours en vie, qu’il broutait en poussant des bêlements dérisoires, savourant le sursis que la providence lui avait accordé. Une plainte étirée, ensommeillée et pressante à la fois se faisait entendre, qui contrastait avec son impressionnante corpulence et nous extrayait par intermittence, entre deux soupirs, de la douleur de la disparition et des soliloques silencieux de chacun.

Dieu du ciel, faites le sortir ! Éclate le vieil homme, et aussitôt il se sent honteux d’avoir laissé échapper ce cri. Mais déjà deux jeunes gens se sont empressés d’aller détacher la corde du pieu pour emporter le mouton plus loin… Il y a dans le regard mi-pétillant, mi-abattu de l’animal un air de défi et de supplication.

Le vieil homme qui ce matin-là avait appris au téléphone que son fils venait de mourir dans un pays du Golfe - il n’avait pu s’y rendre pour ramener sa dépouille à cause des congés de l’Aïd, qui rendaient toute démarche impossible, ni même rappeler là-bas parce que les lignes étaient encombrés - , le vieil homme détournait la tête pour éviter de voir l’animal et une expression de détresse se dégageait de lui. Ce n’était pas seulement d’être privé des plaisirs de la fête, ni cette ironie du sort qui avait voulu qu’un jour comme celui-ci se transforme en jour de malheur ; il y avait quelque chose d’autre, le sentiment indistinct d’une chose plus douloureuse encore : la fatalité ne lui avait-elle pas fait sacrifier malgré lui la chair de sa chair, le premier grain de la grappe, son aîné, à la place du mouton qu’il avait élevé pour l’occasion - lequel se tenait toujours près de la porte et trépignait avec une obstination imbécile qui incitait aux sarcasmes et aux formules de malédiction.

Traduit de l’arabe par Stéphanie Dujols.

© Parlement International des Écrivains

Reproduit avec l’aimable autorisation du Parlement International des Ecrivains