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29‏/03‏/2011

Radiations nucléaires : quels risques pour la santé ?



L'exposition à des radiations nucléaires fortes peut avoir de graves conséquences sur la santé.Nuage radioactif
En cas d’accident nucléaire grave, à l’instar de celui que vit actuellement le Japon, des particules radioactives sont libérées dans l’atmosphère. Très fines, celles-ci sont transportées dans l’air par de minuscules gouttelettes d’eau qui forment un nuage radioactif. Comme un nuage de vapeur ou de poussière, il se déplace en fonction des conditions météorologiques, notamment du vent et de la pluie. À terme, le vent disperse ces particules dans l’atmosphère. Mais la pluie les infiltre dans le sol ou les répand dans la mer, provoquant ainsi une contamination des végétaux - notamment des récoltes -, de l’eau potable, de la flore et de la faune marines, ainsi que de toute la chaîne alimentaire.

La contamination
Les particules radioactives produisent des radiations, c’est-à-dire de l’énergie émise sous forme d’ondes, capables d’endommager ou de détruire les cellules de l’ADN. Une contamination du corps humain par des particules radioactives est particulièrement pernicieuse : sur le coup, sauf en cas d’exposition intense, elle est indolore, inodore et invisible.

Deux types de contamination doivent être distingués :# l’irradiation externe de la peau et des yeux d'une part. Il suffit alors de prendre une douche et de ne pas réutiliser les vêtements portés au moment de l’exposition pour se débarrasser des particules radioactives présentes sur le corps.

# L'irradiation interne d'autre part. Dans ce deuxième cas, des particules radioactives pénètrent à l’intérieur du corps. Absorbées par la peau, inhalées ou ingérées - notamment par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés -, elles se fixent sur différents organes et, si les cellules sont trop endommagées ou détruites, elles peuvent en altérer le fonctionnement.Niveau d’exposition
Les effets d’une irradiation diffèrent en fonction de la durée et de l’intensité de l’exposition, ainsi que de l’étendue de la zone exposée aux particules radioactives. La dose de radiation absorbée par le corps humain se compte en sieverts (Sv).

* Exposition faible : tout individu, sans exception, est exposé à de faibles rayonnements radioactifs au cours de son existence. La terre et le soleil en produisent, l’eau que nous buvons et tous les aliments que nous consommons en contiennent. Ce sont ce que les scientifiques appellent les rayonnements ionisants naturels.

Selon l’UNSCEAR, le comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants, nous recevons, en moyenne, 2,4 millisiverts (1 sivert = 1000 millisiverts - mSV) chaque année. Un taux qui varie toutefois à la surface de la Terre. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rien ne permet de penser que ces doses constituent un risque pour la santé.

* Exposition moyenne : à partir d’un certain seuil, l’organisme n’est plus capable d’assimiler les rayonnements. Les cellules du corps humain peuvent être endommagées, sans pour autant être détruites. Les conséquences de cette exposition varient en fonction de la résistance de chacun.

L’iode radioactif se fixe alors dans la thyroïde - glande située à la base du cou - et peut conduire à de graves dérèglements de cet organe, notamment à des cancers. Les fœtus, enfants et jeunes adultes sont particulièrement exposés à ces risques.

L’ingestion de particules de césium radioactif peut, elle, provoquer des leucémies, des cancers du colon, du poumon, de la peau...

Ces maladies peuvent apparaître plusieurs années - voire plusieurs dizaines d’années pour les cancers du poumon et de la peau - après l’exposition à ces particules radioactives. Cependant, ces affections n’apparaissent pas systématiquement : le corps est parfois capable de réparer les mutations de l’ADN provoquées par l’exposition aux rayonnements.

L’OMS estime que les personnes exposées à des doses de 100 mSv par heure courent un risque accru de contracter un cancer. Quelque 80 % des individus exposés à des doses d’au moins un sivert développeront un jour un cancer. Mardi, la radiation à proximité du réacteur endommagé de la centrale de Fukushima a atteint 400 millisiverts par heure, soit 1 000 fois la dose autorisée en France.
* Expositions fortes : dans les minutes ou les heures suivant une exposition à une radioactivité intense, plusieurs symptômes peuvent apparaître : vomissements, diarrhées, fièvre, chute des cheveux et des ongles, brûlures, rougeurs...

Lorsqu’une grande partie du corps a été très exposée, la moëlle osseuse, qui produit des cellules sanguines (globules blancs, rouges et plaquettes), peut subir de graves lésions, entraînant des affections souvent mortelles. C’est le syndrôme d’irradiation aiguë. Il peut se manifester par une dégénérescence du système immunitaire, une destruction du système nerveux central et des cellules de la paroi digestive, ou encore par de graves maladies respiratoires ou cardio-vasculaires. Chez les femmes, des lésions aux ovaires et aux ovules peuvent provoquer une stérilité. Les hommes sont susceptibles de développer des cancers de la prostate et des testicules.

En 1986, les ouvriers présents sur le site de Tchernobyl après l’explosion de la centrale - ils sont décédés dans le mois qui a suivi - ont été exposés à des doses extrêmes de six siverts. L’exposition à des doses comprises entre 4 et 4,5 siverts sont mortelles dans la moitié des cas.

Traitements
Il existe peu de traitement contre des contaminations liées à l’ingestion d’éléments radioactifs par l’homme. Des pastilles d’iode permettent d’éviter les cancers de la thyroïde. Elles doivent être absorbées le plus tôt possible, ou même avant qu'une exposition ait lieu. Elles saturent la glande en iode "sain" afin que l’iode radioactif ne puisse pas être assimilé.

Une molécule appelée "bleu de Prusse" peut se révéler efficace contre une contamination au césium. Elle évite que la particule radioactive se fixe sur les intestins.

En cas de nuage radioactif, il est recommandé de ne pas sortir, d’éteindre les radiateurs et les climatisations, de calfeutrer les portes et les fenêtres pour éviter que les particules n’entrent dans la pièce.

En outre, le port d’un masque recouvrant la bouche et le nez minimise l’inhalation de particules radioactives.

23‏/03‏/2011

Radioactivité



Avant l'arrivée prévue de particules radioactives sur la France venant du Japon, Nicolas Foray, chercheur à l’INSERM, radiobiologiste, spécialisé dans les questions sur les fortes et faibles doses de radiation, explique que "la sensibilité à la radioactivité dépend de facteurs génétiques"
L’IRSN et la CRIIRAD estiment pour le moment que le panache radioactif résultant des rejets des réacteurs de Fukushima qui pourrait atteindre la France mercredi ou jeudi prochain ne présente aucun risque, partagez-vous leur avis ?
- Oui, totalement. Il faut savoir que les particules qui peuvent arriver sont de l’ordre de 10 à 1 millions de fois moins radioactives que nous même. En effet, nous émettons naturellement de la radioactivité. On estime qu’un homme de 80 kilos émet 8.000 particules radioactives par seconde, soit 8.000 bécquerels (bq), alors que les particules qui pourraient arriver sont de 1/1000 bq.
Le risque est donc de zéro ?
- Le risque n’est jamais de zéro. A partir du moment où les particules sont présentes, elles peuvent toujours nous atteindre. Le risque de ces particules, c'est qu'elles peuvent casser l’ADN ou les cellules et dériver en cancer. Mais ce risque est très relatif, ce qui le rend minimal. Par comparaison, un individu a plus de chance d’avoir un cancer en prenant le métro, et en étant au contact de personnes qui émettent de la radioactivité, qu’avec l'arrivée de ces particules. Il faut aussi ne pas oublier que les rejets radioactifs de Fukushima sont 1.000 fois moins radioactifs que ceux de Tchernobyl.
Les scientifiques estiment qu’il y a une dose minimale en dessous de laquelle il n’y aurait pas de risque. Est-on sûr de la fiabilité de cette mesure ?
- Effectivement, cette valeur est discutable. Il faudrait alors déterminer la nature et la proportion de ces risques. Cette question est un vrai débat, car plus la dose est faible, plus les effets sont difficiles à analyser.
Le problème de la dose minimale, c’est qu’elle n’a pu être établie qu’à partir d’événements comme Hiroshima et d’expériences sur les animaux. Mais Hiroshima ne permet pas de faire une généralisation et on sait que les conclusions faites sur les animaux ne sont pas forcément applicables aux humains.
Ce qu’on sait, c’est que la radioactivité naturelle d'un Français est d’environ 2,4 mSv/an en France alors qu’elle est de 20 mSv/an en Iran ou au Brésil. Les Iraniens et les Brésiliens n’ont pas plus de cancer que les Français, cela montre qu’entre 0 et 20mSv/an, il n’y a pas de risque.

L’accident de Fukushima pose vraiment la question de ce seuil et va apporter de nouvelles données sur la radioactivité. Les Japonais que se trouvent à proximité de la centrale sont exposé à des doses "non négligeables", qui vont permettre à l'avenir de mieux déterminer la dose minimale. Mais les français sont eux exposé à une dose négligeable.
Sommes nous tous égaux face aux émissions radioactives ?

- En radiothérapie, nous avons pu observer que certaines personnes sont plus "susceptibles" à la radioactivité que d’autres. La sensibilité à la radioactivité dépend de facteurs génétiques. La grande question est : comment détecter les personnes qui sont très susceptibles ? Et peut-on se permettre d’établir des discriminations entre les personnes selon leur susceptibilité ? Ces questions entraînent de vrais débats éthiques et pratiques, dont les philosophes et les pouvoir publics devraient s’emparer. En tout cas, ce constat ne doit pas alarmer.
Sources:
Interview de Nicolas Foray par Héloïse Leussier

(le mardi 22 mars 2011)

02‏/09‏/2010

Du pétrole repéré près d'une plate-forme en feu dans le golfe du Mexique



Un incendie s'est déclaré, jeudi 2 septembre, sur une plate-forme d'hydrocarbures de la compagnie Mariner Energy dans le golfe du Mexique, rapportent les gardes-côtes américains, qui ont secouru treize personnes sur place, dont une blessée. Contrairement à ce qu'avait indiqué un porte-parole de Mariner Energy, les autorités ont également fait état d'une petite nappe de pétrole d'environ 2 kilomètres de long et 30 mètres de large près de la plate-forme.
Cet accident survient plus de quatre mois après l'explosion puis le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, qui avait tué onze personnes et provoqué la pire marée noire de l'histoire des États-Unis.

29‏/08‏/2010

Eruption à Sumatra


Quelque 18 000 personnes ont été évacuées dans le nord de l'île indonésienne de Sumatra. Le volcan Sinabung, qui ne s'était pas réveillé depuis 400 ans, est entré en éruption, projetant de la fumée et des cendres à 1 500 mètres de hauteur. Depuis vendredi, il montrait des signes d'activité.
Un épais nuage de fumée noire et âcre s'est répandu sur la zone.
Aucune victime n'a été signalée, selon les secouristes, mais l'agence Antara, citant la police, a rapporté que deux personnes étaient mortes de crises cardiaques. «Nous sommes devant une situation manifestement dangereuse et nous avons donc relevé le niveau d'alerte au maximum, c'est-à-dire alerte rouge», a déclaré dimanche le chef du Centre d'alerte aux catastrophes volcaniques.
Dans quatre villages situés au pied du volcan, de nombreux habitants ont fui dès le début de l'éruption, avant même d'être évacués, rapporte le porte-parole de l'Agence pour la gestion des catastrophes, Priyadi Kardono. «Ils ont dit que le volcan était en train de projeter une épaisse fumée noire, des pierres et du soufre. Ils ont eu tellement peur qu'ils ont décidé de quitter leurs foyers», ajoute-t-il.
«Un bruit comme celui d'un avion»

«La zone est recouverte d'une épaisse fumée et il s'en dégage une forte odeur de soufre», ajoute le porte-parole, soulignant que l'inhalation de poussière a provoqué de nombreux problèmes respiratoires. Des masques ont été distribués tandis que les autorités envoyaient des médicaments pour les infections respiratoires, des tentes et de la nourriture pour les villageois évacués, selon Kardono.

Les cendres se sont dispersées jusqu'à 30 kilomètres du volcan. Parmi les villageois évacués, de nombreux agriculteurs ont raconté que les cendres recouvraient leurs champs de légumes, selon un responsable, Mohammad Agus Wibisono.
Des villageois ont raconté avoir vu de la lave sortir du cratère vers minuit, 15 minutes avant l'éruption: «J'ai vu les flammes scintiller, très rouges à leurs pointes. Avant, il n'y avait que de la fumée», a déclaré Terkilin Sembiring, cité par le site d'informations Detikcom. «A ce moment-là, nous avons entendu un bruit comme celui d'un avion», a raconté un autre villageois, Maslkin Pandia.
L'alerte rouge devrait durer au moins une semaine. «Il y a peu d'informations sur le Sinabung, poursuit le porte-parole . de l'Agence pour la gestion des catastrophes. L'éruption a pris les experts par surprise. Nous ne savons pas quand il va faire éruption à nouveau et il est préférable que les gens restent éloignés jusqu'au moment où les expert décideront qu'ils peuvent rentrer chez eux».
L'Indonésie est située sur le «cercle de feu» du Pacifique, où l'activité volcanique et sismique est très forte. Au cours du mois d'août, le volcan du mont Karangetang (province de Sulawesi, nord) est entré en éruption, faisant quatre disparus.
http://www.youtube.com/watch?v=O_n8rmPIFN0&feature=player_embedded


Le volcan Sinabung, sur l'île indonésienne de Sumatra, est entré en éruption, projetant de la fumée et des cendres à 1 500 mètres de hauteur et déclenchant l'évacuation d'au moins 12 000 personnes, a annoncé dimanche le Centre d'alerte aux catastrophes volcaniques d'Indonésie.(AFP/SUTANTA ADITYA)

09‏/08‏/2010

9/08/2010 Russia -



Dans l'Oural, la centrale nucléaire de Snejinsk est encerclée par les flammes.

08‏/08‏/2010

Glissements de terrain en Chine



Au moins 127 personnes ont été tuées et 2.000 sont portées disparues après des glissements de terrain dans le nord-ouest de la Chine, causés par de fortes pluies, a annoncé dimanche Chine Nouvelle, alors que le pays est confronté à ses pires inondations depuis dix ans.
Le Premier ministre Wen Jiabao, arrivé dimanche après-midi dans la province montagneuse sinistrée, ainsi que le président Hu Jintao ont appelé les équipes de secours à tout faire pour sauver des vies.

Les glissements de terrain se sont produits samedi soir dans la province à population majoritairement tibétaine du Gansu, après de fortes précipitations, a précisé Chine nouvelle, citant Mao Shengwu, le responsable de la préfecture touchée. Ils ont affecté quelque 50.000 personnes.
Près de 3.000 soldats et une centaine de membres du personnel médical ont été déployés pour participer aux opérations de recherche et de secours ralenties par les rivières de boue et de débris, a indiqué de son côté la télévision d'Etat. Les équipes de secours, qui ne peuvent utiliser de moyens lourds, en sont réduites à travailler à la pelle et à mains nues pour fouiller la boue à la recherche de survivants, selon Chine Nouvelle.
Quelque 680 personnes ont été secourues, dont plusieurs réfugiées sur le toit d'une maison, selon les médias. Au total, 20.000 personnes du district touché, celui de Zhouqu, ont été évacuées, alors qu'au moins un village a été entièrement enseveli, selon les médias d'Etat.
Des glissements de terrain ont déversé de la boue, des maisons et toutes sortes de débris dans une rivière baignant le district, la faisant sortir de son lit, selon les autorités locales.
"Les eaux de la rivière Bailong ont ensuite inondé les berges et de nombreuses personnes ont été prises au piège", a déclaré à l'agence Diemujiangteng, le responsable du district. "Maintenant la boue est devenue le problème numéro un pour les opérations de secours", a-t-il dit, elle "est trop épaisse pour qu'on puisse marcher ou passer en voiture".
Certaines rues ont été envahies d'une couche de boue pouvant atteindre un mètre, a précisé Chine Nouvelle.
La télévision d'Etat a montré des habitants marchant dans des rues recouvertes de boue, des voitures partiellement ensevelies, des immeubles détruits ainsi que des soldats pelletant la boue à la recherche de disparus. "Quelqu'un a dit que le 5e étage de mon immeuble a été submergé. Les gens s'affairent à rechercher des proches ou des amis", a déclaré Li Tiankui, un habitant, cité par l'agence.
Quelque 300 maisons ont été ensevelies par les glissements, qui ont détruit des ponts et des routes, rendant les secours difficiles tandis que les télécommunications, l'eau et l'électricité ont été coupés, selon les médias.
Le niveau d'eau a commencé à baisser dans la vallée, les autorités ayant détruit à l'explosif les débris qui obstruaient la rivière, selon China News Service et Chine Nouvelle.
La zone est la dernière région en date du pays à essuyer des pluies torrentielles, qui, depuis le début de l'année, ont fait plus de 2.100 morts ou disparus et provoqué l'évacuation de 12 millions de personnes.
Les pluies diluviennes, qui ont surtout touché les régions du Sud, du centre et plus récemment du Nord-Est, ont provoqué les pires inondations depuis dix ans dans le pays.
Quelque 1,4 million de maisons ont été détruites et les dégâts sont évalués à 275 milliards de yuans, soit plus de 30 milliards d'euros. Dans le nord-est, des villes entières sont inondées et le niveau des rivières à la frontière avec la Corée du Nord a atteint un seuil critique.
La navigation a été suspendue sur la rivière Yalu, frontalière avec la Corée du Nord où les inondations ont détruit des ponts, routes et nombreuses habitations, selon les médias officiels.
Selon l'agence météorologique chinoise, le nord-est du pays devait à nouveau être touché dimanche par des pluies torrentielles. En août 2007, au moins 600 personnes avaient péri ou disparu dans des inondations considérées comme les pires de la décennie.

Huit morts en Europe centrale à la suite des pluies torrentielles


Huit personnes ont trouvé la mort samedi en République tchèque, en Allemagne et en Pologne, alors que des milliers ont été évacuées à la suite des pluies torrentielles qui se sont abattues sur cette région, ont indiqué les autorités locales.
Michal Cizek

CATASTROPHE !



Alors que le bilan officiel est de 52morts, le feu continue de faire des ravages. L'air à Moscou est irrespirable et aucune amélioration n'est en vue avant plusieurs jours.
Un immense voile de fumée âcre recouvre l'ouest et le centre de la Russie. Les feux de forêts et de tourbières qui ravagent le pays depuis maintenant de nombreux jours n'en finissent plus de répandre dans le ciel des volutes toxiques et irritantes. A Moscou, la capitale, l'air est irrespirable. Les masques de protection s'arrachent et le plupart des Moscovites préfèrent rester calfeutrés chez eux.
Dans l'ensemble du pays, la situation est désastreuse : hier encore, 193 500 ha étaient en feu. Selon le dernier bilan officiel, 52 personnes sont mortes dans ces incendies qui ont détruit des villages entiers.
L'accalmie tant espérée par des autorités incapables de faire face à la catastrophe n'est pas encore arrivée. La pluie ne se décide pas à tomber tandis que la canicule ne faiblit pas : hier à Moscou, les températures flirtaient encore avec les 40 oC. Le ministère des Situations d'urgence a indiqué hier que les incendies continuaient de s'étendre dans l'ouest avec 290 nouveaux foyers recensés. Dans la région de Moscou aussi, les flammes gagnent du terrain : le nombre de départs de feu aurait même doublé ces dernières heures. La faute, selon un haut dignitaire russe, à quelques irresponsables qui continuent à faire la fête avec des pétards près des forêts.
Pour tenter de circonscrire les flammes, des dizaines de milliers de pompiers et de militaires sont mobilisés. Vendredi, les autorités avaient même lancé un appel à tous les volontaires. Hier, le vice-ministre des Situations d'urgence a annoncé que les pompiers allaient désormais lutter contre les feux dans la région de Moscou « 24 heures sur 24 ». Selon les services météorologiques russes, la fumée ne devrait pas se dissiper au- dessus de la capitale avant mercredi.
Les dégâts sont évidemment considérables mais les habitants s'inquiètent également des conséquences sanitaires de ces incendies. Selon un organisme de surveillance, les niveaux de monoxyde de carbone étaient hier 6,6 fois plus élevés à Moscou que les seuils d'alerte. Vendredi, on avait déjà appris que le nombre de décès dans la capitale en juillet avait augmenté de plus de 50 % par rapport au même mois de l'année précédente, avec près de 5 000 morts supplémentaires imputables à la canicule. De fait, tous les Moscovites qui en ont la possibilité tentaient hier de fuir une ville irrespirable.
Alors que deux bases militaires ont été détruites, les autorités s'efforcent de protéger tous les sites sensibles suceptibles d'être dévorés par les flammes. Les installations nucléaires font également l'objet d'une attention toute particulière. Sur le terrain, les autorités locales semblent dépassées tandis que le Premier ministre Vladimir Poutine multiplie les visites de terrain. Le maire de Moscou, lui, est introuvable.
La catastrophe qui s'est abbatue sur la Russie a enfin d'autres répercussions. Depuis que les autorités ont annoncé le gel des exportations céréalières, le cours du blé a grimpé en flèche. Les conséquences à long terme de ces incendies sont difficiles à appréhender.

La France a proposé hier soir à la Russie de lui envoyer 120 hommes, 37 véhicules, 15 motopompes et un avion bombardier d’eau Dash, a annoncé l’Elysée.